Préparer sa retraite

Combien faut-il pour bien vivre sa retraite ?

Méthode complète pour estimer le capital nécessaire à votre retraite selon votre niveau de vie souhaité et votre espérance de vie.

31 mai 2026 · 8 min de lecture · Monevia

Combien faut-il pour bien vivre sa retraite ?

C’est probablement la question financière la plus importante d’une vie : de combien aurai-je besoin pour ma retraite ? Pourtant, peu de gens prennent vraiment le temps d’y répondre, soit parce que le sujet semble lointain, soit parce que les calculs paraissent intimidants. Cet article propose une méthode claire et progressive pour aboutir à un chiffre concret, adapté à votre situation.

Pourquoi la pension de base ne suffit (presque) jamais

En France, le taux de remplacement moyen des pensions est d’environ 50 à 65 % du dernier salaire. Concrètement, si vous gagnez 3 000 € nets par mois en fin de carrière, votre pension sera probablement comprise entre 1 500 et 1 950 € nets par mois.

C’est une baisse significative, d’autant plus sensible que :

  • Les charges fixes (logement, énergie, santé) ne baissent pas à la retraite
  • Les dépenses de santé augmentent souvent avec l’âge
  • L’envie de profiter (voyages, loisirs) ne disparaît pas
  • Les aides aux enfants ou petits-enfants pèsent parfois encore

D’où l’importance de constituer un capital complémentaire qui viendra s’ajouter aux pensions obligatoires.

La méthode en 4 étapes

Étape 1 : Définir le revenu mensuel souhaité

Commencez par estimer combien vous voulez avoir chaque mois à la retraite. Trois approches possibles :

  • Approche par maintien du niveau de vie : viser 80 % de votre revenu actuel net. Si vous gagnez 3 000 € nets aujourd’hui, viser 2 400 €.
  • Approche par les dépenses prévisionnelles : faire la liste de vos dépenses futures (logement, alimentation, santé, loisirs, voyages, aides familiales) et additionner.
  • Approche par seuil de confort : choisir un montant qui correspond à votre vision d’une retraite agréable, par exemple 3 000 € par mois pour un couple.

Soyez réaliste mais pas pessimiste. Sous-estimer ses besoins est plus dangereux que les surestimer.

Étape 2 : Soustraire les pensions estimées

Demandez à votre compte retraite (info-retraite.fr) une estimation de votre pension future. Cette estimation est plus ou moins fiable selon votre âge :

  • À 30 ans : très approximative
  • À 45 ans : raisonnablement fiable
  • À 55 ans et plus : assez précise

Faites le calcul :

Revenu cible mensuel − Pensions estimées = Complément à financer

Exemple : 2 800 € souhaités − 1 800 € de pensions = 1 000 € à financer par votre épargne chaque mois.

Étape 3 : Calculer le capital nécessaire

Pour transformer un revenu mensuel en capital, deux méthodes :

Méthode A : la règle des 4 %

Cette règle américaine bien connue postule qu’on peut retirer 4 % par an d’un capital investi, et qu’il durera environ 30 ans (en supposant une allocation diversifiée et un rendement net moyen de 5-6 %).

Formule : Capital nécessaire = Revenus annuels à financer × 25

Exemple : 1 000 € par mois = 12 000 € par an → 12 000 € × 25 = 300 000 € à constituer.

Méthode B : le capital qui s’épuise

Si vous ne tenez pas à laisser un capital à vos héritiers, vous pouvez prévoir un capital qui sera épuisé en X années (par exemple 25 ans). Pour un rendement net de 3 % par an pendant la phase de consommation :

  • 1 000 €/mois sur 20 ans → environ 180 000 € de capital de départ
  • 1 000 €/mois sur 25 ans → environ 210 000 €
  • 1 000 €/mois sur 30 ans → environ 240 000 €

La différence avec la règle des 4 % vient du fait qu’on accepte de consommer le capital plutôt que de ne vivre que des intérêts.

Étape 4 : Tenir compte de l’espérance de vie et de l’inflation

Deux paramètres souvent oubliés :

L’espérance de vie

Une personne arrivant à 65 ans en bonne santé peut espérer vivre encore 20 à 25 ans en moyenne en France. Pour les femmes, jusqu’à 30 ans. Une fraction non négligeable de la population atteindra 90, voire 95 ans.

Prévoir trop court est dangereux : il faut être en mesure de financer ses 90-95 ans, pas seulement ses 80 ans.

L’inflation

L’inflation ronge le pouvoir d’achat. À 2 % d’inflation annuelle, 1 000 € d’aujourd’hui valent environ 670 € dans 20 ans. Ce qui signifie que pour conserver le même niveau de vie, le capital doit continuer à fructifier pendant la retraite.

D’où l’importance de ne pas tout placer en livrets ou fonds en euros à la retraite : une partie doit rester investie sur des actifs dynamiques (actions, immobilier) pour protéger contre l’inflation.

Exemple chiffré complet

Prenons une situation type :

  • Profil : cadre, 40 ans, célibataire sans enfants
  • Revenus actuels : 4 000 € nets/mois
  • Revenu souhaité à la retraite : 3 200 € nets/mois (soit 80 %)
  • Pensions estimées à 65 ans : 2 200 € nets/mois
  • Complément nécessaire : 1 000 € nets/mois, soit 12 000 €/an

Capital à constituer (méthode des 4 %) : 300 000 €

À 40 ans, il reste 25 ans pour constituer ce capital. Avec un rendement net moyen de 6 % par an :

  • Effort d’épargne mensuel nécessaire : environ 430 € par mois
  • Avec un capital initial déjà constitué de 30 000 €, l’effort tombe à 250 €/mois

C’est tout à fait atteignable, mais à condition de commencer maintenant. Plus on attend, plus l’effort devient lourd, à cause des intérêts composés qui ne jouent plus aussi puissamment.

L’effet du temps : l’argument massue pour commencer tôt

Reprenons l’exemple précédent, et regardons l’effort d’épargne selon l’âge de démarrage, pour le même objectif de 300 000 € à 65 ans :

  • Démarrage à 25 ans (40 ans d’épargne) : 150 €/mois suffisent
  • Démarrage à 35 ans (30 ans d’épargne) : 300 €/mois nécessaires
  • Démarrage à 45 ans (20 ans d’épargne) : 650 €/mois nécessaires
  • Démarrage à 55 ans (10 ans d’épargne) : 1 800 €/mois nécessaires

L’écart est saisissant. Commencer 10 ans plus tôt divise par deux ou trois l’effort d’épargne. C’est la magie des intérêts composés qui joue pleinement sur le long terme.

Sur quelles enveloppes constituer ce capital ?

Pour la préparation retraite, plusieurs supports peuvent être combinés :

  • PEA : excellent pour faire fructifier un portefeuille d’actions européennes sur le long terme, avec une fiscalité allégée après 5 ans
  • Assurance-vie : très flexible, idéale pour mixer fonds en euros et UC, fiscalité optimisée après 8 ans, transmission avantageuse
  • PER : déduction fiscale à l’entrée, particulièrement intéressant pour les contribuables fortement imposés
  • CTO : pour aller au-delà des plafonds du PEA ou diversifier sur les marchés mondiaux

La répartition idéale dépend de votre TMI, de votre horizon et de votre besoin de souplesse.

Les ajustements à prévoir en phase de retraite

Une fois à la retraite, la stratégie évolue :

  • Sécurisation progressive : on bascule progressivement une part des actifs risqués vers des supports moins volatils
  • Mise en place de rachats programmés : sur l’assurance-vie notamment, qui bénéficient de l’abattement annuel après 8 ans
  • Gestion fiscale : organiser les retraits pour ne pas être trop imposé une année donnée
  • Réflexion sur l’immobilier : éventuelle vente, viager, ou rente

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L’outil de préparation à la retraite de Monevia est précisément conçu pour ce calcul. Vous définissez la rente mensuelle souhaitée, l’application estime le capital nécessaire pour la générer en tenant compte de votre âge, votre horizon de retraite, l’estimation de votre pension, l’espérance de vie et même l’évolution potentielle des rendements une fois à la retraite.

Vous pouvez aussi tester plusieurs scénarios (différentes rentes cibles, différents âges de départ) et voir l’impact direct sur l’effort d’épargne nécessaire dès aujourd’hui. C’est souvent un déclic puissant pour passer à l’action.

En résumé

Bien vivre sa retraite n’est pas une question de chance, c’est une question de planification précoce et régulière. Le chiffre exact dépendra de votre niveau de vie souhaité, mais l’ordre de grandeur tourne presque toujours autour de 200 000 à 500 000 € de capital à constituer en plus des pensions de base.

Plus important que le chiffre final : commencez maintenant. Chaque année gagnée vaut des dizaines de milliers d’euros d’effort d’épargne en moins, grâce aux intérêts composés. La meilleure date pour planter un arbre, c’est il y a vingt ans. La deuxième meilleure date, c’est aujourd’hui.

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